Giboulées d’octobre

Le soleil boudait Ventenac en ce mardi d’octobre qui ressemblait à s’y méprendre à une journée de mars, mais ce ne furent pas une ou deux giboulées qui entamèrent la détermination des seize marcheurs les plus téméraires du groupe, progressant le front haut mais la tête basse, contre vents et ondées ! Partis le long du canal, tous purent admirer l’escalier de Nicole en voie d’achèvement, reliant la voie d’eau au contre-canal par une volée de plus de trente marches empierrées par ses soins et digne de s’inscrire dans le périmètre du patrimoine mondial : bravo à elle ! Le plus dur fut une petite grimpette bien raide mais qui permit à ces privilégiés d’admirer la lyre du canal franchissant le ruisseau de Répudre à la rencontre des courbes de niveau. La suite, en descente, conduisit le groupe jusqu’au bord du ruisseau en contrebas du cimetière de Paraza avec les Pyrénées en toile de fond, avant qu’il n’emprunte, pour le retour, le contre-canal. Ce dernier a une vocation hydraulique : il sert à collecter toutes les eaux ravinant les collines au-dessus du canal et à les acheminer jusqu’à l’aqueduc de Saint-Paul qui leur permet de s’insinuer en sous-œuvre du canal en direction du ruisseau de Répudre, et ce, afin d’éviter l’ensablement du canal lors d’un épisode méditerranéen : il est dû au génie de Vauban. Deux heures et sept kilomètres plus tard, le groupe rejoignait les voitures, heureux d’avoir bravement vaincu les éléments …
Jean-Pierre